Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

8 mars 2019

JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE POUR LES DROITS DES FEMMES
APPEL NATIONAL A LA MARCHE

Rassemblement à 17h à Bruxelles Départ de la Marche de la Gare centrale à 17h30
Vers la place de Luxembourg à Ixelles

REVENDICATIONS

La « Marche Mondiale des Femmes – Belgique » réclame de la part des politiques, un changement de cap, à engager d’urgence, afin d’éviter les catastrophes sociales et environnementales concernant particulièrement les femmes. Nous prônons une économie durable où, partout, la vie humaine, le bien-être collectif, l’égalité effective des droits et le respect de l’environnement priment sur les mécanismes du marché, du productivisme et de la recherche de profit au bénéfice d’une minorité.

Stop au patriarcat et aux économies réalisées ces dernières années au détriment des femmes ! En effet, les femmes et d’autres groupes défavorisés (jeunes, migrant·e·s) subissent les conséquences d’un système inégalitaire. De nombreuses tâches de soins invisibles et non valorisantes (care) sont assumées majoritairement par les femmes (= double journée de travail pour beaucoup de femmes). Le gouvernement fait des tax-shifts, des cadeaux aux actionnaires et patrons, mais la sécurité sociale est dans le rouge. Nous exigeons une politique socio-économique féministe qui permette aux femmes d’effectuer un travail rémunéré à temps plein et aux hommes d’assumer davantage de responsabilités familiales !
Stop aux violences sexuelles et de genre envers les femmes. Un exemple frappant : 31,7% des nettoyeuses/aides familiales ont un jour été victimes de violences sexuelles au travail selon une enquête réalisée par la CSC Alimentation et Service auprès de plus de 7000 affiliées. Les discriminations sont quotidiennes et 94% des femmes affirment les avoir subi. « Les organisations de terrain constatent à travers leur pratique que, malgré la ratification de la Convention d’Istanbul en 2016, la Belgique ne respecte pas de manière optimale ses obligations en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et ne semble pas dégager l’ensemble des mesures nécessaires pour y parvenir » .

Stop à la culture du viol et au harcèlement des femmes de tous les âges. En Belgique, 98% des femmes déclarent avoir été victimes de harcèlement et les 2/3 d’agressions sexuelles. Cette violence n’a d’ailleurs pas lieu que dans la rue ou dans les transports en commun, mais également sur le lieu de travail ou d’étude, et même à la maison !

Stop aux réductions budgétaires et à la privatisation de la santé. Il y a toujours moins de moyens, et parallèlement des soins de santé plus chers. Atteintes gravement dans leur autonomie économique par la politique actuelle de nos gouvernements, les femmes sont les premières à payer plus pour leur santé et celle de leur famille.
Le ticket modérateur pour les visites chez les spécialistes, comme les gynécologues ou les ophtalmologues, a été augmenté de plus de 45% avec ce gouvernement. Des centaines de milliers de personnes ont postposé leurs soins de santé. Les femmes sont particulièrement concernées car ce sont elles qui, faute de moyens, s’auto-médicalisent.

Stop à la précarité et à la pauvreté. Pour une justice fiscale où les grosses fortunes soient taxées !

Pour des services publics de qualité au bénéfice de toutes et de tous ! La dynamique de privatisation et de marchandisation des services publics doit être endiguée et inversée ! Nous voulons des investissements conséquents pour garantir des services publics forts, de qualité et accessibles (en particulier pour les personnes les plus précaires).

Stop aux coupes budgétaires qui empêchent le développement des structures nécessaires pour libérer du temps aux femmes, comme l’accueil de la petite enfance ou les services aux personnes malades, handicapées, les aides familiales, etc. Dès lors, ce sont les femmes qui continuent à assumer, gratuitement et sans reconnaissance, toutes ces tâches. Cela les empêche d’acquérir une réelle autonomie économique en leur faisant porter le poids d’une dette qui, cependant, n’est pas due à des dépenses trop lourdes, mais à un manque de rentrées financières de l’Etat. Nous disons STOP !
Nous demandons au prochain gouvernement de lutter contre la précarité et de poursuivre une politique socio-économique durable, écologique, progressiste et féministe !

So so so solidariteit met alle vrouwen wereldwijd !
So so so solidarité avec les femmes du monde entier !
My body, my choice, not the state, not religion, not anyone else!
Si les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête !
On ne peut plus dire qu’on ne savait pas ! On ne peut plus laisser faire !
We kunnen het niet langer ontkennen! We kunnen dit niet langer laten gebeuren!

Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!

REVENDICATIONS
VERSION COMPLETE

I Nous demandons au prochain gouvernement de poursuivre une politique sociale et économique progressiste et féministe :

Emploi

• L’arrêt des politiques d’austérité !
• Une politique durable et écologique, avec une perspective de genre, pour faire face aux changements climatiques.
• Une justice fiscale avec l’impôt sur la fortune et les plus-values !
• Une lutte efficace contre la fraude fiscale et l’arrêt des moratoires sur les réductions des cotisations patronales.
• Des contrats à part entière avec un salaire minimum de 14€ de l’heure.
• Un salaire étudiant couvrant le coût des étudesII
• La reconnaissance de la pénibilité de certains emplois typiquement ‘féminins’.
• La réduction générale et collective du temps de travail à une semaine de 30 heures sans perte de salaire et avec des embauches compensatoires.
• Des campagnes en faveur d’une répartition équitable des soins et des tâches domestiques au sein du ménage.
• Le renforcement des équipements collectifs ( structures d’accueil de soins) et des services publics.
• Une place d’accueil pour chaque enfant.
• Des lieux de vie adaptés pour les personnes handicapées et/ou âgées, que ce soit à domicile, en institution ou dans des structures alternatives. A l’heure actuelle, l’accès à des places d’accueil pour personnes âgées et handicapées reste un luxe réservé à trop peu de personnes.
• La suppression du statut de cohabitant pour les bénéficiaires d’allocations sociales.
• Le congé de maternité avec maintien du salaire à 100% et l’extension du congé de naissance avec maintien du salaire.
• Le retrait de certaines mesures, telles que les allocations d’insertion, la dégressivité des allocations de chômage.
• Une pension pleine de minimum 1500€ net et une pension à 62 ans.
• Une politique d’égalité et de lutte contre les violences de genre au sein du travail, qui comprenne la sensibilisation des entreprises, en particulier sur les violences de genre et le harcèlement sexuel.
• Des conditions d’agrément plus sévères et une réglementation du cumul des aides à l’emploi, dans le but d’améliorer la qualité des emplois titres-service : obligation de fournir un CDI ; contrôle des conditions de travail et d’équipement des travailleuses concernées (y inclus la prévention du harcèlement sexuel) via des rapports annuels de l’inspection et une évaluation en début de législature.

PROTECTION SOCIALE

• Augmentation du financement de la sécurité sociale : augmentation de la dotation de l’Etat, élargissement de la base des cotisations des grosses fortunes et diminution des subsides aux grandes entreprises transnationales.
• Pour un refinancement public de l’enseignement à hauteur d’au moins 7 % du PIB !
• Pour le refinancement public du secteur social, pour qu’il soit capable de jouer un rôle plus important d’accompagnement, de prévention et d’intervention !
• Une place d’accueil pour chaque enfant.
• Des lieux de vie adaptés pour les personnes handicapées et/ou âgées, à domicile, en institution ou dans des structures alternatives.
• Des transports publics efficaces, efficents, et respectueux de l’environnement avec un réseau étendu et du matériel adapté aux personnes à mobilité réduite et aux personnes se déplaçant avec des poussettes.
SANTÉ

• Nous demandons l’arrêt des mesures d’austérité prises dans le secteur de la santé par le gouvernement Michel et la Ministre De Block.
• L’augmentation des jours d’hospitalisation des femmes accouchées et le renforcement de la continuité des soins au domicile.
• La gratuité des protections périodiques.
• Des soins de santé gratuits et de bonne qualité dans une approche globale tenant compte des spécificités des patients (sexe, âge, culture…).
• L´accessibilité financière à la contraception pour toutes les femmes et tous les hommes.
• Le renforcement des animations d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) dès l’enseignement fondamental.
• La dépénalisation totale de l’ IVG. Pilule du lendemain gratuite dans les plannings.
• Un soutien financier aux recherches scientifiques pour les maladies spécifiquement féminines (endométriose…) et les campagnes de sensibilisation et dépistage (cancer du sein et du col de l’utérus…)
• Une réponse intégrée face à la violence domestique (centres d’urgence, logements sociaux). Celle-ci doit redevenir une priorité des interventions de police (crimes d’honneur…)

II Lutte contre les violences faites aux femmes

Nous demandons :
• L’augmentation des moyens financiers pour la lutte contre les violences de genre.
• L’intégration, au sein du cursus scolaire depuis la maternelle, de cours portant sur l’égalité, le genre, l’éducation affective, sexuelle et relationnelle (EVRAS). Ainsi que l’évaluation des premiers résultats des expériences en cours.
• L’augmentation de l’offre de logements sociaux pour les familles monoparentales et de logements transitoires en cas de violence masculine intrafamiliale. Suivi des allocations des points « femme battue » pour l’allocation des logements.
• Stop à la culture du viol ! Stop à la culpabilisation des victimes de violences sexuelles au tribunal, dans les postes de police et ailleurs !
• Stop à la marchandisation du corps des femmes pour augmenter les profits. Pas de prostitution pour payer ses études.
• Pour la formation obligatoire des juges, de la police pour la prévention et l’accueil dans les cas de violences sexuelles !
• Que les politiques communales refusent toute publicité sexiste dans l’espace public.
• Le droit des femmes à se vêtir librement !
• Une politique claire, avec des moyens suffisants, pour lutter contre tout type de discrimination sexiste, raciste, Lgtbq phobie.
• Une extension du réseau des transports publics avec plus de fréquence la nuit, en semaine et le week-end, afin de permettre aux femmes de rentrer chez elles en sécurité…
• Face au harcèlement sexuel dans les transports (trains, bus, trams…), nous demandons la formation d’un deuxième personnel à la thématique de genre pour assurer la sécurité des femmes !
• Face au sexisme quotidien dans les universités : création d’espaces dédiés, anonymes, où un personnel formé à la thématique de genre puisse écouter, orienter, agir en cas de harcèlement ou de discrimination de genre.
• Nous interpellons le gouvernement pour le non-respect optimale de la Convention d’Istanbul, et appelons à prendre en compte les recommandations du Rapport alternatif de la coalition « Ensemble contre les violences »

III Pour les droits des femmes migrantes, pour la paix et la solidarité internationale !

Nous revendiquons :

• Une meilleure intégration des femmes migrantes et la valorisation de leurs compétences dans les politiques d’emploi, garantissant le respect de leurs droits.
• La régularisation des personnes migrantes, aujourd’hui sans papiers, sur la base de critères clairs, permanents et non limitatifs (ancrage durable, emploi, pour des raisons de maladie si l’on ne peut pas de faire soigner dans le pays d’origine, naissance d’un enfant sur le territoire belge, longues procédures, violences de genre)
• L’application de la Convention Internationale C189 ratifiée par la Belgique en 2011 contre l’exploitation des travailleur-se-s domestiques
• La possibilité de porter plainte contre son employeur-euse en cas de non-respect de la législation (directive sanctions) du travail .
• Des conditions de travail dignes : un salaire minimum et des congés payés, des heures supplémentaires payées, des horaires de travail stables, une couverture maladie.
• Pour celles qui ont travaillé pendant plusieurs années sans papiers et seraient régularisées, nous demandons la prise en compte de toutes ces années dans le calcul de la pension.
• La reconnaissance du travail de care comme un métier à part entière, palliant la pénurie de services publics dans les domaines du soin aux autres : malades, enfants, personnes âgées, personnes porteuses de handicap.

Concernant les services et la protection pour les femmes migrantes victimes des violences, nous demandons :

• L’inclusion des femmes sans papiers dans la prise en charge des victimes de violence. En situation de grande précarité et sans protection légale, ces femmes n’ont aucun droit sauf l’aide médicale urgente, ce qui les fragilise encore plus.
• La reconnaissance d’un droit autonome au séjour, avant 5 ans de résidence sur le territoire belge, pour le conjoint rejoignant dans le cadre du regroupement familial, afin de protéger les femmes victimes de violence qui portent plainte.
• Un accès aux services et à des informations adaptées en matière de contraception, ainsi qu’aux droits et services relatifs à la santé sexuelle et reproductive, pour les femmes de différents horizons/
• Appliquer la Convention d’İstanbul…
• Stop à la criminalisation et à la discrimination des personnes migrantes, avec ou sans papiers, qui entraînent violences racistes et sexistes (violences sexuelles, économiques et sociales…)

SOLIDARITÉ INTERNATIONALE
La Marche Mondiale des Femmes tire la sonnette d’alarme pour les droits des femmes face à l’évolution du contexte international. Les droits des femmes sont des droits humains universels et indivisibles. Pourtant, la montée d’une coalition offensive d’acteurs conservateurs, extrémistes et fondamentalistes religieux s’accompagne d’attaques répétées contre les droits des femmes et des filles dans le monde .
Par exemple, il y a près de 40 ans, en imposant l’hijab obligatoire, le régime de Khomeiny a déclaré aux femmes que ce nouveau régime serait fondé sur la discrimination, la violence et la répression à l’égard des femmes. Forcer l’hijab a été la première étape pour imposer d’autres lois anti-femmes fondées sur la charia islamique. Depuis lors, une violence effrénée a eu lieu pour approfondir l’assujettissement des femmes. Au cours de ces 40 dernières années, les femmes, individuellement et collectivement, consciemment et spontanément, ont poursuivi la lutte et la résistance contre la violence organisée par le gouvernement, sous diverses formes telles que « le mauvais hijab », « le droit au divorce des femmes », « le droit de garde des enfants en cas de divorce », « le droit de voyages sans la permission de son tuteur », etc.
De nouveaux types d’alliances stratégiques, de nouvelles techniques d’organisation et de nouvelles formes de rhétorique permettent aux acteurs conservateurs d’augmenter leur pouvoir et de renforcer leur influence au sein du système international des droits humains et les politiques au niveau international, européen mais aussi belge. Des arguments manipulant la religion, la culture, la tradition et la souveraineté nationale sont mobilisés pour justifier différentes formes de violences à l’égard des femmes et des filles – étatique, sociale et domestique – et empêcher toute avancée vers l’égalité des femmes et des hommes.
En outre, 70% personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour sont des femmes. Pourtant, les femmes jouent un rôle majeur dans l’agriculture, la gestion des forêts et de l’eau. Dans les pays en développement, elles sont responsables d’environ 80% de la production alimentaire selon l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elles sont nombreuses à travailler dans le domaine forestier, les forêts étant une source d’emploi importante. Mais elles ne sont propriétaires que de 10 à 20% des terres. Elles n’occupent pas de postes de décisions stratégiques, par exemple dans le domaine du climat ou de l’économie.
Nous exprimons notre solidarité avec les mouvements des femmes dans le monde Metoo, Ni una menos, Grève des femmes, des femmes paysannes, rurales et qui luttent pour leurs droits (droit à l’avortement, contre le harcèlement au travail, contre les violences, les féminicides, l’accaparement des terres…) et avec la lutte des femmes iraniennes pour leur autonomie, leur émancipation et contre le régime islamiste .
Au niveau international nous demandons au gouvernement belge de :
• Défendre les droits des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive ; protéger les défenseurs des droits humains des femmes ; promouvoir le droit à la liberté d’association, de réunion et d’expression ; prévenir toutes les formes de violences à l’égard des femmes et des filles et leur exploitation, notamment la traite des êtres humains.
• Mettre en place une politique durable et écologique, avec une perspective de genre, pour faire face aux changements climatiques.
• Lutter contre les causes économiques des conflits armés, par l’adoption d’un traité international sur l’exploitation et le commerce illégaux et illégitimes des matières premières et des richesses naturelles, afin d’assurer la traçabilité des matières premières et de recenser toutes les entreprises impliquées dans le commerce de celles-ci.
• Mettre en œuvre la résolution 1325 ainsi que les suivantes (1820, 1888, 1889, 1960, 2106, 2122) sur la résolution des conflits.

• Réaffirmer le principe de solidarité internationale pour les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes.
• Généraliser, dans tous les domaines, le gender budgeting en mettant en place un système de collecte des données selon une approche intersectionnelle et des indicateurs permettant de mesurer la diminution des inégalités de genre.
• Assurer la cohérence de toutes les politiques avec les engagements internationaux pris par la Belgique en matière d’égalité femme-homme, notamment ceux repris dans le cadre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et son protocole facultatif ; du programme d’action du Caire ; du programme d’action de Pékin ; des conclusions des Commissions de la condition de la femme ; de la Convention d’Istanbul et de l’Agenda 2030.
• Moderniser les mécanismes de financement gouvernementaux afin que les organisations féministes de base qui cherchent à obtenir des gains juridiques et politiques puissent recevoir un soutien financier.

Nous demandons au prochain gouvernement de lutter contre la précarité et de poursuivre une politique socio-économique durable, écologique, progressiste et féministe !

My body, my choice, not the state, not religion, not anyone else!
Si les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête !
So so so solidariteit met alle vrouwen wereldwijd !
So so so solidarité avec les femmes du monde entier !
On ne peut plus dire qu’on ne savait pas ! On ne peut plus laisser faire !
We kunnen het niet langer ontkennen! We kunnen dit niet langer laten gebeuren!

Tant que les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche!

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