La sécularisation de la société dont nous sommes les témoins depuis plus de vingt-cinq ans, particulièrement dans notre vieille Europe, avec une constante diminution des funérailles, baptêmes et mariages religieux, avec un déclin sensible de la pratique entraînant la désacralisation de nombreux édifices religieux (en 2009, le quotidien De Standaard évalue à 5,4% le nombre de Flamands qui participent à une messe hebdomadaire), avec une crise des vocations et en parallèle une forte augmentation des demandes de radiation des registres de baptême (« débaptisations »), aurait à tout le moins pu mener à une atténuation des velléités interventionnistes de la religion dans les affaires de l’Etat ainsi qu’à une diminution de son financement. Or, il n’en est rien, les tentatives de ré-évangélisation se font de plus en plus pesantes et le culte catholique continue de percevoir la toute grosse partie – environ 85% – du budget alloué aux religions et à la laïcité organisée.

Les fondamentalismes gagnent du terrain dans toutes les religions et dans toutes les régions du monde. La droite européenne, à travers un dialogue et un lobbying permanent auprès de la Commission, accorde aux religieux – chrétiens essentiellement – d’étendre leur influence, en particulier celle du Vatican qui considère qu’il lui appartient de déterminer ce qui est bon pour l’ensemble des citoyens, notamment en matière de droits et de libertés et d’imposer à tous ses valeurs archaïques, tandis qu’une certaine gauche repentante – celle qui a oublié que « la religion est l’opium du peuple » – et sensible aux revendications des électeurs musulmans, leur accorde des accommodements dits raisonnables.

Bien sûr il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain mais plutôt se réjouir du grand nombre d’avancées et de victoires laïques qui ont été comptabilisées au cours des dernières décennies en Belgique, comme le vote du Pacte scolaire de 1958 qui met sur pied d’égalité le cours de morale non confessionnelle et celui d’une religion reconnue, comme la suppression de la référence à la divinité dans la prestation de serlment en justice, comme la disparition des crucifix dans les classes des écoles officielles, comme la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse – on ne manquera cependant pas de se rappeler les péripéties ayant entouré le vote de la loi –, comme la reconnaissance constitutionnelle de la laïcité et plus récemment les lois permettant aux personnes de même sexe de contracter mariage et d’adopter et celle permettant, sous de strictes conditions, de mettre fin, par euthanasie, aux souffrances de personnes atteintes de maladies incurables.

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