La rencontre du Conseil Européen avec le Pape envoie un mauvais signal aux millions d’Européens qui ne sont pas catholiques

Communiqué de presse de la FHE

Ce vendredi 24 mars, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne rencontreront le Pape François à Rome en vue du Sommet européen visant à discuter du futur de l’Europe.

Selon les termes de Joseph Muscat, Premier Ministre maltais dont le pays détient actuellement la présidence de l’UE, le Pape est « le leader mondial ultime, doté des compétences et d’une vision qui lui permettent de dépasser les évidences et banalités que nous disons tous en politique ».

Si l’Europe pouvait être considérée comme synonyme de chrétienté il y a un millier d’années de cela, il n’empêche qu’il s’agit aujourd’hui du continent le plus laïque et à la société la plus diversifiée au monde. En dépit de cette situation de fait, les chefs d’État européens semblent cependant ressentir le besoin de demander les conseils d’une figure religieuse qui s’avère être également le dirigeant d’un État artificiel.

La FHE tient dès lors à rappeler aux leaders européens que le Vatican n’est pas un État membre de l’Union et que, quand bien même il était un jour candidat, il ne remplirait pas les critères de Copenhague lui permettant d’y prétendre. En conséquence, la FHE considère le fait de chercher les conseils de son représentant pour bâtir le futur de l’Europe est en désaccord fondamental avec les valeurs de l’Union.

En réaction à cet événement, le président de la FHE, Pierre Galand, déclare : « Le fait que les leaders européens en appellent au représentant d’une seule religion en vue de discuter du futur de l’Europe envoie un mauvais signal aux millions d’Européens qui ne sont pas catholiques et dont les croyances et conceptions du monde ne sont en aucun cas représentées par le Vatican.

Cet événement représente une infraction à l’engagement officiel de l’Union européenne visant à garantir un traitement égal à toutes les organisations religieuses et non-confessionnelles, tel que défini à l’Article 17 TFUE. En effet, cet article interdit à l’UE tout traitement préférentiel ou toute reconnaissance de statut privilégié à un groupe religieux spécifique au détriment des autres groupes et des non-croyants. »

En 2014, le Parlement européen a par ailleurs rappelé que la laïcité, « définie comme la séparation stricte entre les autorités politiques et religieuses ainsi que l’impartialité de l’État, est le meilleur moyen de garantir la nondiscrimination et l’égalité entre les religions ainsi qu’entre les croyants et les non-croyants ».

En organisant cette rencontre, les chefs d’État européens semblent pourtant en décider autrement.

Pour de plus amples informations, lisez notre Vision Humaniste pour l’Europe (en anglais).
Contact presse : Marc Soignet ● marc.soignet@laicite.net ● +32 2 627 68 30

 

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